| |
| | | Le Projet de colonisation pour la NC fut déposé sur le bureau du ministre de la Marine et des Colonies en 1855. Il se concluait de la façon suivante : « On ne colonise pas avec des enfants de chœur. » Sur ce « caillou » se sont donc mêlés des marchands, des fabricants, des matelots, des chercheurs d’or ou de nickel, des colons et soldats, des missionnaires et « ouvriers de la transportation ». Car c’est ainsi qu’on nomma les premiers bagnards à leur arrivée sur l’île le 9 mai 1864. L’empereur Napoléon III, qui pensait trouver dans la colonisation une solution à la délinquance, avait en effet conçu le projet d’établir les pénitenciers dans les îles les plus lointaines. A quelques 20 000 km de Paris, la NC faisait admirablement l’affaire.
De 1864 à 1922, elle hébergera quelques 22 000 condamnés qu’on armera de brouettes, de pelles et de pioches, de faucilles et de marteaux, qu’on rassemblera dans des forges, des scieries, des fermes, dans des ateliers de tailleurs ou de cordonniers…
Un exil laborieux et « doré », en somme, pour ces ouvriers de la transportation. Qui se font remarquer par leurs qualités d’artisans ; qui font de la musique ; qui gardent les gosses des familles nouméennes et repassent le linge des élégantes… Il en reste peu de choses aujourd’hui. Durant des générations, on a voulu effacer cette période tabou. On a tout fait pour effacer l’ombre du bagne, en rasant les murs de la « Pénitentiaire », en brûlant les archives, en laissant les banians dévorer de leurs racines les cellules des condamnés… Pourtant depuis quelques années, les choses changent. Les Calédoniens revendiquent davantage leur identité, leurs origines et on se penche plus facilement sur cette période douloureuse longtemps couverte d’une chape de plomb.
L’Association Témoignage d’un Passé a mis en valeur les travaux, les activités et les réalisations que l’on doit à ces « vieux » qui ont si durement trimé.
|
|  case des condamnés
 l'ancien débarcadère en bois
 arasement de la Butte Conneau
 percement de la Rue de Rivoli
|